In den letzten Wochen schaute die ganze Welt auf Berlin
Nie zuvor hatte die französische Presse Deutschland so aufmerksam beobachtet und versucht, unseren großen Nachbarn besser zu verstehen. Niemand freut sich mehr darüber als ein Botschafter, dessen Rolle gerade darin besteht, Zusammenhänge zu erklären und die Kommunikation zwischen den beiden Ländern zu fördern. Doch selbst bei diesem Informationsüberschuss sehe ich Erklärungsbedarf – vor allem in Bezug auf zwei wesentliche Punkte:
- Es gab Stimmen, die sagten, Frankreich habe Initiativen ergriffen, um der deutsch-französischen Zusammenarbeit im Dienste Europas neuen Schwung zu verleihen. Gleichzeitig zeige Deutschland allem Anschein nach weniger Interesse als früher, Frankreich in diesem Bestreben zu folgen. Dann wird Bezug auf die eine oder andere Idee genommen und Berlin unterstellt, dagegen zu sein. In Wahrheit haben der Staatspräsident und die Bundeskanzlerin schlicht beschlossen, sich in den kommenden Monaten Zeit zu nehmen, um sich über solche Initiativen Gedanken zu machen. Zum jetzigen Zeitpunkt wurde noch nichts wirklich besprochen. Wir sollten folglich das Pferd nicht von hinten aufzäumen, sondern vielmehr damit anfangen, an konkreten und handfesten Projekten zu arbeiten. Wir dürfen im Übrigen nicht vergessen, dass unsere deutschen Freunde den großen französischen Ideen zuweilen mit Argwohn begegnen, da sie in ihren Augen zwar gut präsentiert werden, aber oft nicht bis ins Detail durchdacht sind. Die Franzosen ihrerseits sind häufig der Meinung, dass es den deutschen Projekten an Ehrgeiz und Schwung fehlt, und dass sie etwas zu technisch sind.
- Manche behaupten auch, Frankreich und Deutschland arbeiteten heute weniger aus emotionalen Gründen als aus Interesse so gut zusammen. Und das erscheint ihnen suspekt. Doch was für ein Widerspruch! Frankreich und Deutschland sind heute befreundete Länder, die sich sehr stark im europäischen Einigungsprozess engagieren. Das gemeinsame Erscheinen von Staatspräsident und Bundeskanzlerin am 11. November unter dem Triumphbogen war hierfür ein starkes und bewegendes Symbol. Ist nicht zudem das Interesse unserer beiden Länder, gemeinsamen zu handeln, das stärkste und sicherste Motiv? Gibt es denn eine solidere Bindung, als eine, die Gefühle und Interessen vereint?
Am Ende stellen jedoch alle Kommentatoren fest, dass – wie auch immer man Europa betrachtet – die Verantwortung Frankreichs und Deutschlands in der EU noch bedeutender ist als vor 20 Jahren.
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Ces dernières semaines, les yeux du monde entier se sont tournés vers Berlin
Jamais dans la presse française, l’on avait scruté avec autant d’attention l’Allemagne pour tenter de mieux comprendre notre grand voisin. Nul ne peut s’en réjouir davantage qu’un Ambassadeur dont c’est précisément le rôle d’expliquer et de faciliter la communication entre les deux pays. Mais même dans cette surinformation, j’observe encore un besoin d’expliquer deux points essentiels :
- la France, ont dit certains, a pris des initiatives pour relancer la coopération franco-allemande au service de l’Europe ; il semble, ont-ils ajouté, que l’Allemagne soit moins intéressée qu’autrefois à la suivre. L’on cite alors telle ou telle idée en suggérant que Berlin y serait opposé. La vérité toute simple est que le Président et la Chancelière ont décidé de prendre le temps dans les mois à venir de réfléchir à de telles initiatives. Mais à ce stade, rien n’a encore été véritablement discuté. Ne mettons donc pas la charrue avant les bœufs. Commençons par travailler sur des projets concrets et fiables. N’oublions pas d’ailleurs que nos amis allemands, par méthode, se méfient toujours des grandes idées françaises bien présentées mais à leurs yeux pas toujours bien étudiées dans le détail. Alors que de leur côté, les Français trouvent que les projets allemands manquent parfois d’ambition ou de souffle et sont un peu trop techniques.
- Certains disent aussi que si la France et l’Allemagne coopèrent aujourd’hui de manière privilégiée, ce n’est plus par sentiment mais par intérêt, ce qui à leurs yeux devient donc suspect. Quel contresens ! La France et l’Allemagne sont aujourd’hui des pays amis, fortement engagés dans la construction européenne. La présence à Paris le 11 novembre dernier, sous l’Arc de Triomphe, du Président de la République et de la Chancelière en a été l’un des symboles les plus forts et les plus émouvants. Si nos deux pays ont de surcroît intérêt à agir ensemble, n’est-ce pas là la plus rassurante et la plus forte des motivations ? Y a-t-il lien plus solide que celui où les sentiments et les intérêts se conjuguent ?
Mais au total, tous les commentateurs constatent que de quelque manière que l’on regarde l’Europe, les responsabilités de la France et de l’Allemagne y sont encore plus déterminantes qu’il y a vingt ans.