Terminer la maison économique européenne
La crise a au moins un avantage pour l’Europe ; elle est un révélateur sans concession de ses forces et de ses faiblesses. Elle est un appel à remédier à nos insuffisances.
La force principale de l’Europe c’est un système social particulièrement équilibré. C’est aussi un des systèmes politiques les plus originaux du monde qui permet un respect remarquable de la diversité européenne. C’est enfin aujourd’hui la zone économique la plus prospère de la planète qui dispose de l’une des monnaies les plus solides. Tout cela explique la grande attractivité qu’exerce l’Europe.
Sa faiblesse est de ne pas avoir encore su se doter des outils qui permettent de garantir à long terme cette prospérité. Nous avons une maison économique commune mais c’est une copropriété où les propriétaires n’ont pas les moyens d’agir sur ceux d’entre eux qui menacent la solidité de la maison. Faire vivre un grand marché et une monnaie commune par beau temps avec si peu d’outils est possible. Mais le mauvais temps de la crise montre les limites de ce modèle. Comment éviter demain que ne se reproduise un cas comme celui de la Grèce ? Comment définir une stratégie économique qui permettre de revenir aux équilibres budgétaires ? Nous avons soutenu de façon coordonnée la conjoncture et évité ainsi l’effondrement de nos économies au prix d’un endettement accru. C’était le bon choix. Il nous faut désormais sortir de la crise. Nous n’y parviendrons qu’ensemble.
Laissons donc de côté les controverses théologiques et théoriques pour traiter de manière pragmatique les vrais problèmes. Faire vivre une zone monétaire comme celle de l’Euro qui depuis 10 ans est un succès historique exige une cohérence dans les politiques économiques menées par ses membres.
- Le premier degré de cette cohérence est d’organiser un véritable débat sur la définition d’une stratégie commune de croissance qui évite que les déséquilibres ne s’accumulent et qui soit « gagnant-gagnant » pour tous les membres de l’Union. L’Europe, pour être stable, ne doit-elle pas être une source de croissance plus autonome grâce à ses investissements et à sa consommation ? Doit-elle se contenter d’attendre la demande extérieure et de dépendre de ses fluctuations ? Poser ces questions n’est en aucun cas menacer la compétitivité si nécessaire de chacun de ses membres.
- Le second degré est l’adhésion à des principes communs. Le respect de l’indépendance de la BCE, le respect du Pacte de stabilité et de croissance. Il s’agit d’un contrat de confiance fondamental qui doit être tenu.
- Le troisième degré consiste à définir les moyens pour faire respecter cette cohérence. Chacun aujourd’hui comprend la nécessité d’améliorer la gouvernance économique de l’Europe. Examinons concrètement ce que nous pouvons faire à 27 dans le cadre des traités existants, ce sera déjà un premier pas considérable. Faut-il confier, et à qui (Eurogroupe, Conseil Ecofin, BCE, Eurostat) de nouveaux pouvoirs pour mieux contrôler la véracité et la transparence des données économiques de chaque Etat ? Que faire pour redresser des politiques qui deviennent incompatibles avec l’intérêt commun ? Sommes-nous prêts à mettre en place des mécanismes qui assurent une sorte de pouvoir disciplinaire accru sur les politiques budgétaires des Etats ? Comment assurer leur légitimité démocratique et leur acceptation par les populations ? Comment enfin, en conformité avec les traités, définir des procédures de solidarité à l’égard des pays membres qui en ont besoin ?
L’amélioration de la gouvernance économique de l’Europe passe aussi et de manière déterminante par l’amélioration de notre compétitivité grâce à des politiques de réforme. L’Allemagne dans ce domaine comme l’a dit à plusieurs reprises le Président Sarkozy, est un modèle. Nous devons, au niveau européen, et dans chacun de nos pays, c’est le but de l’adaptation de la stratégie de Lisbonne, mettre en place des politiques de « Standort Europa » en faveur de la nouvelle économie et des nouveaux emplois sans lesquels nous n’aurons pas de croissance.
Notre horizon à tous, c’est le monde globalisé qui est aujourd’hui le marché de nos entreprises et le lieu de comparaison entre les grandes monnaies. Mais notre base d’activités, celle où nous faisons les uns et les autres plus des 2/3 de notre commerce extérieur et où nous créons le plus de richesse, c’est l’Union européenne. C’est là que nous devons créer les conditions de notre croissance. /.
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Botschafter Montferrand im Handelsblatt (25/03/2010)
„Europa muss eine Strategie für das Wachstum finden“
Die Krise hat zumindest einen Vorteil für Europa; sie fördert kompromisslos die Stärken und die Schwächen der EU zutage. Durch die Krise sind wir aufgefordert, unsere Unzulänglichkeiten zu beheben. Die größten Stärken Europas sind ein gut austariertes Sozialsystem sowie eines der originellsten politischen Systeme weltweit, in dem die europäische Vielfalt auf bemerkenswerte Weise Achtung findet. Und nicht zuletzt ist es heute die Wirtschaftszone mit dem größten Wohlstand in der Welt und einer der solidesten Währungen. Das erklärt, warum Europa so attraktiv ist.
Europas Schwäche liegt darin, sich bisher noch nicht die Werkzeuge verschafft zu haben, um diesen Wohlstand langfristig zu sichern. Wir haben ein gemeinsames Haus der Wirtschaft, in dem wir eine Eigentümergemeinschaft bilden, wobei die Eigentümer keine Möglichkeit haben, auf diejenigen einzuwirken, die eine Gefahr für die Stabilität dieses gemeinsamen Hauses sind. In guten Zeiten die Existenz eines großen Marktes und einer gemeinsamen Währung zu sichern, ist möglich. In Krisenzeiten jedoch werden die Grenzen unseres Modells sichtbar. Wie lässt sich in Zukunft ein Fall wie Griechenland vermeiden? Wie lässt sich eine Wirtschaftsstrategie festlegen, die eine Rückkehr zu ausgeglichenen Haushalten ermöglicht?
Wir haben uns abgestimmt und Maßnahmen zur Stützung der Konjunktur getroffen. Damit haben wir den Zusammenbruch unserer Volkswirtschaften verhindert, allerdings zum Preis einer höheren Verschuldung. Es war dennoch die richtige Entscheidung. Jetzt müssen wir den Weg aus der Krise herausfinden. Das wird uns nur gemeinsam gelingen. Wir sollten also Glaubensfragen und Theorien beiseitelassen und die eigentlichen Probleme pragmatisch angehen.
Eine Währungsunion wie die seit zehn Jahren so erfolgreiche Euro-Zone in ihrer Existenz zu sichern erfordert Kohärenz in den wirtschaftspolitischen Ansätzen ihrer Mitglieder. Die erste Stufe zur Kohärenz besteht darin, eine echte Debatte über die Festlegung einer gemeinsamen Wachstumsstrategie anzustoßen, die einer Verstärkung der Ungleichgewichte entgegenwirkt und für alle Beteiligten Vorteile bringt. Muss nicht Europa, um stabil zu sein, durch seine Investitionen und seinen Konsum für ein unabhängigeres Wachstum sorgen? Darf Europa sich nur auf die Außennachfrage verlassen und sich von deren Schwankungen abhängig machen? Dies zu fragen gefährdet keinesfalls die notwendige Wettbewerbsfähigkeit jedes einzelnen Mitglieds.
Die zweite Stufe ist das Bekenntnis zu gemeinsamen Prinzipien: Achtung der Unabhängigkeit der EZB, Einhaltung des Stabilitäts- und Wachstumspakts. Hier liegt ein grundlegender Vertrauensvertrag vor, der eingehalten werden muss. Und in einer dritten Stufe müssen entsprechende Mittel bestimmt werden, damit die notwendige Kohärenz auch durchgesetzt werden kann.
Jeder weiß heute, dass wir die Wirtschaftsführung in Europa verbessern müssen. Prüfen wir ganz genau, was wir im Rahmen der bestehenden Verträge machen können. Das ist schon ein erster beachtlicher Schritt, wie Premierminister Fillon in der Humboldt-Universität betonte. Müssen neue Befugnisse erteilt werden, damit die Richtigkeit und Transparenz der Wirtschaftsdaten von Einzelstaaten besser überprüft werden können? Und wer soll diese Befugnisse übernehmen - Eurogruppe, Ecofin-Rat, EZB, Eurostat? Wie geht man mit Politikbereichen um, die mit dem gemeinsamen Interesse nicht mehr vereinbar sind? Sind wir bereit, Mechanismen einzuführen, die eine Art verstärkte Disziplinargewalt auf die Haushaltspolitik der Einzelstaaten ausüben? Wie kann ihre demokratische Legitimität und ihre Akzeptanz in der Bevölkerung gewährleistet werden? Und wie soll man, in Einklang mit den Verträgen, solidarische Verfahren gegenüber Mitgliedern festlegen, die Hilfe brauchen?
Eine bessere europäische Wirtschaftsführung wird auch und in entscheidender Weise durch die Verbesserung unserer Wettbewerbsfähigkeit erzielt, die wiederum durch eine entschlossene Reformpolitik zu erreichen ist. Deutschland ist in diesem Bereich, wie Staatspräsident Sarkozy wiederholt gesagt hat, ein Vorbild. Wir müssen auf europäischer Ebene und in jedem Einzelstaat - entsprechend den Zielen der Lissabon-Strategie - Politikansätze verfolgen, die den Standort Europa im Sinne der neuen Wirtschaft und der neuen Arbeitsplätze stärken. Sonst gibt es kein Wachstum.
Unser gemeinsamer Horizont ist die globalisierte Welt, die der Markt für unsere Unternehmen und der Bezugsrahmen für die großen Währungen ist. Doch die Grundlage für unsere Wirtschaftsaktivitäten, auf der wir alle mehr als zwei Drittel unseres Außenhandels und den größten Teil des Sozialprodukts erwirtschaften, ist die Europäische Union. In dieser EU müssen wir unseren Beitrag zum weltweiten Wachstum leisten.